
Photo par Pareerica sur Flickr.com (Creative Commons)
Au comptoir d’inscription du centre d’entraînement, j’ai revu pas moins de trois anciens élèves. Deux d’entre eux y travaillent. Deux d’entre eux finissent un bacc en éducation physique et font de la suppléance à la même école où je leur ai enseigné. Dans les semaines suivantes, l’un d’entre eux supervisera mon entraînement… C’est le retour…
Avec le site Wordle, j’arrive à une image des mots que j’utilise dans ce blogue. Si une image vaut mille mots, on dit qu’une métaphore vaut mille images. Est-ce une image-métaphore?

Pourquoi accumuler de la graisse? Surtout: pourquoi en accumuler « volontairement » sans en être conscient? Défense, signal d’alarme, signal de détresse, bouclier, abonnement à l’illusion de l’amour, autodestruction, être autrement ferait mal? Les questions s’accumulent et varient d’un Fondant à l’Autre. Je dépoussière mes réponses avec Guylaine. Troublant et libérateur. La bouffe goûte meilleur depuis.
Diabète de type 1 : Des cellules paresseuses
Hmmm… pas certain d’aimer l’image de cellules paresseuses… si ça peut faire avancer la communauté scientifique, je me tais.
Dans le numéro d’hiver 2007-2008 de Plein Soleil de Diabète Québec, on apprend que la Fédération internationale du diabète (FID) met la barre à 7,8 mmol/L en moyenne pour la glycémie postprandiale. Quand j’ai suivi mes cours il y a deux ans, c’était 10 mmol/L en moyenne!
Au printemps dernier, j’apprenais que pour le cholestérol, c’était encore plus sévère. Un « pas-diabétique-du-tout » avait droit à 2 et nous, les sucrés, à 1,5.
Un médecin m’a déjà dit: « En tant que diabétique, ton chemin de vie est potentiellement aussi long que celui des autres si t’es conscient qu’il est plus étroit. » En d’autre termes, si je suis encore plus attentif que les autres, je vivrai peut-être aussi longtemps qu’eux.
Après cette lecture, je me disais: « J’ai du pain sur la planche! ». Ma blonde corrige: « Un beau défi! »
Elle est fine.
Plus: http://www.idf.org/home/index.cfm?unode=185108C7-1E27-4A03-9B73-01D54087E32E
Le sentiment d’échec revient souvent. Je sais que je ne suis pas seul à vivre ça. Retour des glycémies plus hautes, retour des chiffres indécents sur la balance, résistance notable à l’insuline. Colère.
Impression de se sentir jugé, mesuré, observé. Colère.
Impression de perdre le peu de contrôle qu’on a. Colère.
Nommer. Nommer tout ça. C’est une première étape vers du mieux. Ce qu’on nomme, on peut le contrôler. Le contrôler ou l’aborder avec tendresse? Ça serait différent.
Voici quelques images qui me sont chères en ce moment:
- devenir conférencier sur le diabète. Être reconnu mondialement pour être le plus fin communicateur sur le sujet et survolter des millions de personnes qui en ont besoin.
- devenir auteur à succès. Écrire des histoires, des guides, des essais et des lvres de recettes. Captiver, toucher, conforter, confronter et donner faim.
- courir 21km au mois d’avril. Chaque année. Devenir meilleur. Pas nécessairement plus vite. Juste meilleur. Amasser des fonds pour la recherche sur le diabète.
C’est pénible mais ça fonctionne. Noter mes glycémies dans un carnet papier. Il y a un peu plus d’un an, j’ai cessé d’utiliser ces foutus carnets. J’avais l’impression d’y consigner à chaque fois que j’étais malade. Quatre fois par jour en moyenne. J’ai même changé de glucomètre pour un One Touch Ultra Smart, celui qui accumule des centaines de données variées et produit même des graphiques sur son petit écran rétroéclairé. Mes résultats, bien que généralement dans les normes (4 à 7 mmol/l), voguaient souvent vers des mers plus sucrées (de 8 mmol/l à parfois le double). Dans ma tête, je ne consignais plus rien: la machine s’en occupait. Avant d’aller voir l’endocrinologue, le généraliste ou la nutritionniste, je compilais le tout avec le logiciel fourni par la compagnie LifeScan.
Avec le temps, je me rends compte que la consignation manuelle dans un carnet correspond toujours avec une férquence plus élevée de bons résultats. Consigner manuellement semble aussi responsabiliser, conscientiser et outiller. Quand c’est le glucomètre qui s’en occupe, c’est comme déléguer sa responsabilité et sa conscience à l’outil. Or l’outil n’agit pas sur la responsabilité et la conscience.
Depuis peu, je reviens à la bonne vieille consignation manuelle. Déjà, la même histoire de succès recommence. Je tente de changer mes cadres de référence qui entourent ce petit geste. Je ne me teste plus, je prends la direction du courant. Prendre ma glycémie devient peu à peu un travail d’océanographe. Je suis un océan profond et complèxe qui est riche de plusieurs courants. Je ne fais que consigner la force et la direction d’un de ces courants pour m’assurer une navigation moins houleuse.
Ce changement de mots pour décrire une même réalité m’agace parfois. J’ai l’impression de fuir une réalité ou de la nier. Avec un peu de réflexion, j’en viens à me dire que ce n’est ni une fuite, ni une négation. Le diabète, je l’ai partout où je vais. Tout le temps. Impossible à nier… ou presque… J’ai simplement besoin de rassembler tout ce qu’il me faut pour que ma vie soit accompagnée du diabète et non qu’elle tourne autour… Ça ressemblerait trop à un typhon!
J’ai un nouveau membre dans mon équipe de contrôle du diabète: Liliane Holtmann, physiothérapeute. Après six mois à ne pas faire de jogging, je n’en pouvais plus. J’avais l’impression d’être un fumeur en sevrage. Mes genoux étaient trop douloureux pour m’adonner à mon sport préféré. Elle a mis une heure pour me remettre sur la route. Quelques exercices par semaine, quelques massages et le tour est joué.
Pendant mon six mois absent de l’asphalte, j’ai longuement pensé à ce que le jogging signifie pour moi. Ma nutritionniste m’a déjà soupçonné de vouloir en faire une religion.
Avec le temps, j’en suis venu à accepter que c’est bel et bien un buzz d’endorphines mais aussi un sens de la responsabilité mélangé à de la peur. Je sens que je suis responsable de ma santé et que je ne dois pas coûter trop cher à mes concitoyens. Le diabète est une des maladies qui coûte le plus cher à notre société mais c’est aussi une des maladies pour lesquelles une personne peut relever quotidiennement le défi de se refaire une santé et de la maintenir. Si chaque diabétique prenait jalousement soin de sa santé, je crois que nous nous porterions globalement mieux. Il y a aussi la peur. La peur des effets pervers du diabète au fil des ans: rétinopathie, néphropathie, etc. Toutes des choses aux noms scientifiques qui ont des résonnances bien réelles dans me tête. Je n’en veux pas. Ni tôt, ni tard. Alors je fuis. Quatre fois par semaine quand c’est possible. Fuite vers l’avant. Fuite du stress qui vient avec toute maladie. Fuite de la peur. Fuite constructive.
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