Deux dossiers pas vraiment distincts: nutrition et diabète. Dès mes premiers moments à savoir le diabète avec moi, j’ai consulté Guylaine Guèvremont, nutritionniste, l’auteure avec Marie-Claude Lortie du livre Mangez. Avec Guylaine, j’ai appris à perdre du poids avec patience et plaisir. Mon diabète, je le traitais alors avec une simple médication orale. Depuis deux ans, j’ai laissé les comprimés au profit de l’insuline. Ça change considérablement la « géométrie glycémique »!
Au Centre de jour de diabétologie de Maisonneuve-Rosemont, on apprend d’abord à avoir toujours la même quantité de glucides par repas. Ainsi, on peut s’injecter toujours la même quantité d’insuline avant un repas. Le petit train-train à saveur de steak-blédingue-pétate. Or avec Guylaine, on apprend surtout la liberté, le plaisir, le gros-bon-sens et la souplesse: avoir faim=manger. Pas avoir faim=pas ou moins manger. Simple. Direct. Festif. Respectueux.
En revoyant ma courte carrière avec diabète, je me trouve chanceux d’avoir Guylaine dans ma troupe d’élite mais aussi d’avoir demandé au Centre de jour de diabétologie de suivre un cours spécial sur l’insulinothérapie basale-prandiale à glucides variés… par opposition à la steak-blédingue-pétate insulinothérapie basale-prandiale à glucides fixes. Ce cours me permet de suivre mes goûts. Faim, pas faim, moins faim, affamé, etc. Souplesse.
Aux derniers mois de mon traitement sans insuline, je gérais mon sucre comme je pouvais avec d’incroyables privations alimentaires et un plan d’exercices physiques hors du bon sens. J’ai perdu trop de poids, de la confiance et de la masse musculaire. J’ai gagné en sentiment de privation et en frustration, comme dans un régime amaigrissant ordinaire. J’étais à des années lumières de ce que j’avais appris avec Guylaine. Avec l’arrivée de l’insuline… party! Finies les privations et les frustrations! Ce petit liquide transparent est une merveille! Il promet la tarte au sucre au complet si on s’injecte ce qu’il faut avant de se goinfrer. Retour de balancier vitesse grand V. De privation à exagération. De manger pour le plaisir à manger mon plaisir que j’avais laissé traîner sur la table. Manger tout le plaisir. Pas de restants. Retour du balancier et retour de la balance. Bordel de mozusse d’appareil malveillant mais honnête. Surplus de poids. Nouvelle période de deuil. Looooongue période de deuil avec de petites percées de soleil quand même.
Cette semaine, je reviens au bureau de Guylaine après deux ans sans la voir. J’ai besoin de lui exposer ma nouvelle géométrie glycémique. Je crois que j’ai besoin de perfectionner ma perception de faim et de satiété en mettant en contexte cette fois l’insuline. Je veux revenir à la souplesse acquise avec ses conseils. Avec l’insuline, je crois que cette souplesse est difficile à maintenir. Pour reprendre des images de ma lecture en programmation neuro-linguistique (PNL), j’ai des choses dont je veux m’éloigner et d’autres dont je veux m’approcher à nouveau.
M’éloigner: de l’inconfort de la bédaine, de la résistance à l’insuline par la présence accrue de gras, du manque de mobilité, des images horribles livrées par le médecin.
M’approcher: de la souplesse, du plaisir, du gros-bon-sens, de la liberté, du mouvement, de la satisfaction, de l’apaisement, de la volonté à passer à autre chose dans ma vie comme écrire un roman, donner des conférences, écrire un recueil de nouvelles, bâtir des meubles pour mes enfants, etc.
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