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Première écoute du Diabetes Power Show

J’aime bien la baladodiffusion (podcasting). Je m’en sers dans le cadre de mon métier. Je m’en sers aussi pour élargir mes horizons sur l’univers du diabète.

Il y a quelques années, j’avais bien aimé la baladodiffusion DiabeticFeed. Bien qu’il n’y ait plus d’émissions nouvelles depuis 2007, ça reste un bon show instructif et nuancé.

Aujourd’hui, j’ai découvert le premier épisode du Diabetes Power Show. Lui aussi, c’est un bon show. Ce qui me déplaît, c’est la mentalité de culpabilité qu’il semble toujours entretenir pour arriver à contrôler son taux de sucre. Eh lalalalala… Il me semble que j’arrive à de bons succès sans sombrer dans l’ascétisme.

Mon rêve de la journée: une émission de radio coanimée par un endocrinologue, une infirmière et Guylaine Guèvremont, la nutritionniste antirégime et anticulpabilité. Sur les ondes de la SRC, on toucherait l’ensemble du territoire canadien. Avec le nombre de diabétiques qu’il y a ici et les gens qui vivent auprès d’eux, il y a de quoi se bâtir un bel auditoire!

Au pays de Jay Leno

Il y a quelques semaines, je regardais le début de l’émission animée par Jay Leno. Il y présente un segment consacré aux coquilles et cocasseries des journaux. À la fin du segment, Leno a présenté une coupure d’un journal local présentant un micro-trottoir sur ce que les gens retranchent de leur liste d’épicerie suite à la hausse des prix. L’animateur a présenté rapidement les premiers quidams qui affirmaient se passer de croustilles et de boissons gazeuses… normal… le dernier honnête citoyen à participer à cet exercice d’information participative a plutôt déclaré couper sur les fruits et légumes frais!

Je ne suis pas Tocqueville et encore moins BHL! Mon observation des États-Unis se fait à partir d’un petit village touristique côtier. Toutefois, je n’en reviens pas à quel point le pauvre homme qui a fait rire de lui au show de Jay Leno avait probablement raison. Les fruits et les légumes frais semblent vraiment plus chers qu’au Québec. Je ne serais pas étonné de savoir que les gens moins fortunés aux États-Unis aient justement à couper sur les fruits et légumes frais. Je l’ai constaté à l’épicerie, les mets préparés et autres cochonneries plus salées, sucrées et grasses sont moins chères que la bonne chair.

L’oeuf ou la poule? En vrai ou en chocolat? Bof… ce qu’il y a de moins cher!

Difficile souplesse

Deux dossiers pas vraiment distincts: nutrition et diabète. Dès mes premiers moments à savoir le diabète avec moi, j’ai consulté Guylaine Guèvremont, nutritionniste, l’auteure avec Marie-Claude Lortie du livre Mangez. Avec Guylaine, j’ai appris à perdre du poids avec patience et plaisir. Mon diabète, je le traitais alors avec une simple médication orale. Depuis deux ans, j’ai laissé les comprimés au profit de l’insuline. Ça change considérablement la « géométrie glycémique »!

Au Centre de jour de diabétologie de Maisonneuve-Rosemont, on apprend d’abord à avoir toujours la même quantité de glucides par repas. Ainsi, on peut s’injecter toujours la même quantité d’insuline avant un repas. Le petit train-train à saveur de steak-blédingue-pétate.  Or avec Guylaine, on apprend surtout la liberté, le plaisir, le gros-bon-sens et la souplesse: avoir faim=manger. Pas avoir faim=pas ou moins manger. Simple. Direct. Festif. Respectueux.

En revoyant ma courte carrière avec diabète, je me trouve chanceux d’avoir Guylaine dans ma troupe d’élite mais aussi d’avoir demandé au Centre de jour de diabétologie de suivre un cours spécial sur l’insulinothérapie basale-prandiale à glucides variés… par opposition à la steak-blédingue-pétate insulinothérapie basale-prandiale à glucides fixes. Ce cours me permet de suivre mes goûts. Faim, pas faim, moins faim, affamé, etc. Souplesse.

Aux derniers mois de mon traitement sans insuline, je gérais mon sucre comme je pouvais avec d’incroyables privations alimentaires et un plan d’exercices physiques hors du bon sens. J’ai perdu trop de poids, de la confiance et de la masse musculaire. J’ai gagné en sentiment de privation et en frustration, comme dans un régime amaigrissant ordinaire. J’étais à des années lumières de ce que j’avais appris avec Guylaine. Avec l’arrivée de l’insuline… party! Finies les privations et les frustrations! Ce petit liquide transparent est une merveille! Il promet la tarte au sucre au complet si on s’injecte ce qu’il faut avant de se goinfrer. Retour de balancier vitesse grand V. De privation à exagération. De manger pour le plaisir à manger mon plaisir que j’avais laissé traîner sur la table. Manger tout le plaisir. Pas de restants. Retour du balancier et retour de la balance. Bordel de mozusse d’appareil malveillant mais honnête. Surplus de poids. Nouvelle période de deuil. Looooongue période de deuil avec de petites percées de soleil quand même.

Cette semaine, je reviens au bureau de Guylaine après deux ans sans la voir. J’ai besoin de lui exposer ma nouvelle géométrie glycémique. Je crois que j’ai besoin de perfectionner ma perception de faim et de satiété en mettant en contexte cette fois l’insuline. Je veux revenir à la souplesse acquise avec ses conseils. Avec l’insuline, je crois que cette souplesse est difficile à maintenir. Pour reprendre des images de ma lecture en programmation neuro-linguistique (PNL), j’ai des choses dont je veux m’éloigner et d’autres dont je veux m’approcher à nouveau.

M’éloigner: de l’inconfort de la bédaine, de la résistance à l’insuline par la présence accrue de gras, du manque de mobilité, des images horribles livrées par le médecin.

M’approcher: de la souplesse, du plaisir, du gros-bon-sens, de la liberté, du mouvement, de la satisfaction, de l’apaisement, de la volonté à passer à autre chose dans ma vie comme écrire un roman, donner des conférences, écrire un recueil de nouvelles, bâtir des meubles pour mes enfants, etc.